PINAY ANTOINE (1891-1994)

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Natif de Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône), Antoine Pinay, fils d'un fabricant de chapeaux, fait ses études au collège mariste de Saint-Chamond, petite ville de la Loire ; après la guerre, où il est blessé, il y dirigera la tannerie de son beau-père jusqu'en 1948. Il est successivement élu maire de Saint-Chamond (1929) — mandat qu'il conservera jusqu'en 1977, avec une interruption de 1944 à 1947 —, conseiller général (1934), député de la Loire (1936) et sénateur (1938-1940). Le 10 juillet 1940, il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, et appartient à son Conseil national en 1941. Après la guerre, membre de la deuxième Assemblée constituante (1946), il retrouve son siège de député de 1946 à 1958, préside le Centre national des indépendants et paysans (1953), puis, de 1956 à 1958, le groupe des indépendants et paysans d'action sociale de l'Assemblée nationale. Après avoir occupé plusieurs ministères (Affaires économiques, Travaux publics), il est président du Conseil et ministre des Finances du 6 mars au 23 décembre 1952 ; il lance alors, pour rétablir l'équilibre budgétaire — compromis par la chute des rentrées fiscales, elle-même causée par le freinage brutal de l'économie —, l'emprunt à garantie or dont les titres devaient être exempts d'impôt sur le revenu et de droits de mutations jusqu'en 1973 : la fameuse rente Pinay à 3,5 p. 100. Il instaure également le S.M.I.G. et l'échelle mobile des salaires. Démissionnaire, il revient en 1955 dans le cabinet Edgar Faure comme ministre des Affaires étrangères : son action contribue à la relance de l'Europe, après l'échec de la Communauté européenne de défense. De juin 1958 à janvier 1959, le général de Gaulle lui confie le portefeuille des Finances et des Affaires économiques, qu'il gardera ensuite dans le gouvernement Debré, jusqu'en janvier 1960. À ce titre, il fait adopter un ensemble de mesures d'assainissement financier préconisées par Jacques Rueff, dont la dévaluation du franc de 17,50 p. 100 et l'institution du franc lourd. Il démissionne à propos de l'Alliance atlantique, renonce alors à toute fonction ministérielle, se consacre au Mouvement national des élus locaux, dirige la Caisse d'aide à l'équipement des collectivités locales, préside la Commission de développement économique (Coder) de la région Rhône-Alpes et se maintient à la mairie de Saint-Chamond. En 1965, il devait faire annoncer par des amis sa candidature à l'élection présidentielle, puis démentir l'information.

Antoine Pinay, Harold MacMillan et John Foster Dulles, 1955

Photographie : Antoine Pinay, Harold MacMillan et John Foster Dulles, 1955

Le ministre français des Affaires étrangères Antoine Pinay (1891-1994), au centre, en compagnie du Britannique Harold MacMillan (1894-1986) et de l'Américain John Foster Dulles (1888-1959), à la conférence de Genève, en 1955. 

Crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

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Désigné, en janvier 1973, par le gouvernement comme premier médiateur, Antoine Pinay démissionne en mai 1974 de ce poste pour apporter son soutien à Valéry Giscard d'Estaing, candidat à la présidence de la République. Il allait encore soutenir ce dernier en 1981, entre les deux tours, puis Jacques Chirac en 1988. Jusqu'en 1979, il avait conservé la présidence du conseil général de la Loire, obtenue en 1949. Sa longévité exceptionnelle, mais aussi le réel attachement que les Français portaient à cet homme probe et simple (« Il est imbattable, il a une tête d'électeur », disait de lui Édouard Herriot) ont conduit en visite chez le « sage de Saint-Chamond » bon nombre de ministres des Finances de la République venus recueillir auprès de lui sinon l'onction, du moins un peu de son étonnante popularité.

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Pour citer l’article

Gérard PONTHIEU, « PINAY ANTOINE - (1891-1994) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/antoine-pinay/