KOURBSKI ANDREÏ MIKHAÏLOVITCH (1528-1583)

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De vieille souche nobiliaire, descendant des princes de Iaroslavl, le prince Andreï Mikhaïlovitch Kourbski apparaît déjà parmi les conseillers du jeune tsar Ivan IV, ce groupe qu'il appellera plus tard lui-même Izbrannaja Rada (le « Conseil choisi »). On le trouve aux côtés du monarque lors de la prise de Kazan' en 1552. Jusqu'au début des années 1560, il jouit d'une faveur particulière. Mais la disgrâce de certains de ses amis à cette date, les premières exécutions de boyards, la crainte, peut-être, d'être tenu pour responsable des revers militaires essuyés par les troupes moscovites poussent Kourbski à fuir en Lituanie, pays contre lequel le tsar était en guerre (1564). C'est à ce moment que commence pour le prince une période d'intense activité littéraire. Il y était préparé par une assez bonne instruction reçue à Moscou, en partie du moine Maxime le Grec, mais qu'il complète à l'âge adulte en Lituanie et en Pologne, en apprenant le latin et en s'adonnant à la lecture des Pères de l'Église et de Cicéron. Les traductions slavonnes qu'il fit de certains de ces auteurs doivent être considérées comme sa contribution au relèvement du niveau intellectuel de l'Église orthodoxe dans le royaume polono-lituanien face au prosélytisme protestant et catholique romain.

La partie la plus célèbre de l'œuvre de Kourbski est constituée par les trois lettres qu'il adressa à Ivan le Terrible (les deux premières en 1564, la troisième en 1579) ; ces écrits, qui constituent un précieux témoignage historique sur la première partie du règne, défendent le point de vue de l'aristocratie : un prince doit, pour gouverner, s'entourer de conseillers de valeur, seul moyen d'éviter que la monarchie ne devienne la tyrannie sanglante que l'auteur dénonce en Russie. Kourbski accuse le tsar d'avoir exilé ou fait exécuter presque tous les membres de son conseil dont les avis auraient pu l'éclairer. Dans ses réponses, Ivan le Terrible oppose les intérêts de l'aristocratie à ceux de l'État, que seule une monarchie absolue peut défendre, et soutient qu'un souverain ne doit souffrir nulle borne à son autorité, même s'il commet une injustice ou châtie des innocents. Kourbski a développé ces mêmes idées dans une Histoire du grand-prince de Moscou (Istorija o velikom knjaze Moskovskom), consacrée au règne d'Ivan IV et peut-être rédigée après la mort de Sigismond II Auguste (1572), lorsque la candidature du tsar de Moscou au trône de Pologne fut envisagée.

—  Wladimir VODOFF

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IVAN IV LE TERRIBLE (1530-1584)

  • Écrit par 
  • Constantin de GRUNWALD
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Dans le chapitre « Le tyran »  : […] Cette époque heureuse n'est pas appelée à durer longtemps. Les intrigues des boyards, mécontents de la guerre avec la Livonie, la défection d'André Kourbski, prince rebelle qui s'est réfugié en Pologne, et enfin la mort de son épouse, Anastasie Romanov, que l'on prétend avoir été empoisonnée, éveillent en Ivan les plus mauvais instincts. Ayant ren […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ivan-iv-le-terrible/#i_30292

Pour citer l’article

Wladimir VODOFF, « KOURBSKI ANDREÏ MIKHAÏLOVITCH - (1528-1583) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/andrei-mikhailovitch-kourbski/