DELON ALAIN (1935- )

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Artisan de son propre mythe

Avant de jouer en 1971 avec Simone Signoret dans La Veuve Couderc, de Pierre Granier-Deferre, Alain Delon rencontre dans Mélodie en sous-sol (Henri Verneuil, 1962) celui qui représente pour lui le monstre sacré de l'« ancienne vague », Jean Gabin. Ambitieux, il veut devenir, lui aussi, une des stars du cinéma français. Il prend alors conscience de la nécessité de modeler son personnage et devient un self made myth. Le Delon réel, producteur (Delbeau puis Adel Productions), va jusqu'à parler de Delon, personnage et acteur, à la troisième personne. Il développe une mythologie héroïque aux antipodes des antihéros de l'absurde et de l'échec issus de l’après-guerre. On y voit un Delon positif s'opposer à la décadence morale et sociale : La Tulipe noire (Christian-Jaque, 1964), Les Centurions (Mark Robson, 1966), Les Aventuriers (Robert Enrico, 1967), Zorro (Ducio Tessari, 1975)... Mais c'est dans les films de Jean-Pierre Melville – « l'homme de cinéma complet », dit-il – que se dévoile le plus clairement le dispositif de création du personnage mythique : Le Samouraï (1967), Le Cercle rouge (1970), Un flic (1972) décrivent ouvertement la mise en scène des signes de l'aristocratie vestimentaire et du professionnalisme maniaque.

Si Alain Delon accepte très lucidement de mettre son travail d’acteur au service des vrais créateurs (Visconti, Melville, Losey, Clément...), dans de nombreux cas il se sent frustré et cherche dans la production (une trentaine de films) de quoi assouvir son désir de création. Comme producteur, certains de ses choix, souvent judicieux, surprennent son public : L’Insoumis (1964) d’Alain Cavalier ; Le Professeur (1972), de Valerio Zurlini ; Traitement de choc (1973), d’Alain Jessua ; L’Assassinat de Trotsky (1972) et Monsieur Klein (1976), de Joseph Losey... Simple acteur, il accepte également des rôles risqués dans des films qui utilisent avec intelligence la duplicité de son person [...]


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Alain Delon

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Crédits : Hulton Getty

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Le Guépard, L. Visconti

Le Guépard, L. Visconti
Crédits : Titanus/ Pathé Cinéma/ SGC/ Screen Prod/ Photononstop

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Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, chargé de cours à l'université de Paris-VIII, directeur de collection aux Cahiers du cinéma

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LE GUÉPARD, film de Luchino Visconti

  • Écrit par 
  • Michel CHION
  •  • 1 191 mots
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Dans le chapitre « Entre deux mondes »  : […] Comte lui-même, descendant d'une très vieille famille, Luchino Visconti pose avec Tomasi di Lampedusa sur l'aristocratie italienne de l'époque du Risorgimento le même regard critique que Léon Tolstoï sur l'aristocratie russe de la guerre patriotique de 1812 dans Guerre et Paix (1863-1869). Le Guépard est son film le moins tourmenté, un film à la fois lent, souriant et crépusculaire, qui s'offre […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Joël MAGNY, « DELON ALAIN (1935- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/alain-delon/