BANCQUART ALAIN (1934- )

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Pères spirituels

Le souci premier d'Alain Bancquart est la grande forme : en d'autres termes, l'expansion temporelle libérée de la contrainte de la pulsation métrique traditionnelle, grâce à des processus d'écriture fondés sur ceux des compositeurs qui ont nourri sa réflexion : Bach, Beethoven, Schubert, Bruckner, Messiaen et Stockhausen.

Bach, parce qu'il a conçu la trame contrapuntique de telle manière que les relations entre les lignes engendrent tout autant le discours harmonique que la forme même. La démarche contrapuntique et canonique de Bancquart vient sans conteste de là. Les procédés contrapuntiques propres dont il l'enrichit lui ont donné l'idée d'envisager un contrepoint où l'harmonie et la forme (c'est-à-dire le temps) ne seraient plus le résultat de processus combinatoires mais le matériau proprement dit de ces techniques.

Beethoven, parce qu'il bouleversa les notions de variation et de développement (ainsi dans la Grande Fugue opus 133). Bien entendu, la variation chez Bancquart se fait continue et le développement introduit une évolution organique de son matériau de base (tant des hauteurs que des rythmes). Le développement devient chez lui exponentiel, selon le principe de l'arborescence appliqué à ses techniques contrapuntiques.

Schubert, parce qu'il fut un maître de la mélodie et du temps. Parce que la mélodie schubertienne est pensée dans la polyphonie, dans le système harmonique (harmonie, mélodie et contrepoint n'étant point séparés). C'est de lui (et de Bach) que Bancquart apprit que la polyphonie est créée par le tout et non par un seul paramètre (la réflexion portée sur la modulation chez Schubert est riche de conséquences à ce sujet). De lui encore, il apprit que l'ampleur mélodique permettait de dépasser les phrasés qu'impose la barre de mesure. Enfin, Schubert n'est pas étranger à sa prise de conscience du rôle primordial des durées, des possibilités nouvelles procurées par l'étirement du flux temporel et de ses répercussions sur l'identité harmonique, qu'il a [...]


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Écrit par :

  • : compositeur, critique, musicologue, producteur de radio

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ULTRACHROMATISME

  • Écrit par 
  • Alain FÉRON
  •  • 975 mots

Le Mexicain Julián Carrillo (1875-1965), le Tchèque Alois Hába (1893-1973) et le Français d'origine russe Ivan Wyschnegradsky (1893-1979) sont, dans les années 1920, les véritables défricheurs ainsi que les premiers théoriciens de la musique ultrachromatique, caractérisée par l'emploi des micro-intervalles. C'est à Wyschnegradsky que l'on doit le vocable ultrachromatisme, signifiant « au-delà du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ultrachromatisme/#i_38715

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Pour citer l’article

Alain FÉRON, « BANCQUART ALAIN (1934- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/alain-bancquart/