ADVERBE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'une des parties du discours traditionnellement définie par sa propriété sémantique de modifier le contenu du prédicat ou de l'assertion, l'adverbe présente, en outre, la possibilité récursive de se combiner avec soi-même. Les difficultés de l'analyse proviennent surtout du fait qu'on ne prend pas toujours garde au point d'incidence de l'adverbe sur le reste de l'énoncé, ce qui entraîne à la fois certaines diversités de signification et une description parfois incertaine. Il serait par exemple difficile d'expliquer autrement la différence entre « Il ne vient pas toujours » et « Il ne vient toujours pas » : c'est que, dans le second de ces deux exemples, « toujours » a un sens qui n'est pas temporel, mais aspectuel, comme dans « Toujours est-il que » ; la nuance est que le mot est compatible avec toutes les formes chronologiques de la conjugaison (« Il ne venait toujours pas », « Il ne viendra toujours pas ») pour exprimer, en somme, la divergence entre la réalité et l'énonciation ; la négation, ici, accentue le divorce entre les deux, mais il est frappant de constater que les opérateurs de « concession » (bien que, encore que) dénotent le même type de fonction logique sous-jacente, à savoir l'itération prédicative appelant la négation : quelle que soit la quantité retenue dans la réalisation du procès (« Tu as beau faire... »), elle ne concorde pas avec le réel. Ces considérations, jointes à d'autres du même genre, conduisent à substituer aux notions habituelles de l'adverbe comme porteur d'un contenu sémantique une vision un peu plus synthétique du « foncteur » énonciatif, plus proche des opérations de quantification (par exemple, « beaucoup » comme adverbe et déterminant du nom).

—  Robert SCTRICK

Écrit par :

Classification


Autres références

«  ADVERBE  » est également traité dans :

ÉNONCIATION

  • Écrit par 
  • Oswald DUCROT
  •  • 7 982 mots

Dans le chapitre « L'inscription de l'énonciation dans la langue »  : […] La linguistique – on vient de le montrer – doit tenir compte de l'énonciation dans la mesure où elle a à donner le moyen de représenter le sens des énoncés. Mais elle doit aussi permettre d'expliquer ce sens, en se fondant sur la signification des phrases et sur les circonstances de la parole. Or il y a des raisons d'admettre également dans cet ensemble d'instructions qui constitue la significatio […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/enonciation/#i_51061

MODALITÉ, linguistique

  • Écrit par 
  • Robert SCTRICK
  •  • 706 mots

Terme de logique dont la linguistique fait deux emplois relativement distincts : pour A. Martinet, le mot désigne les déterminants grammaticaux du nom et renvoie à la classe des « actualisateurs » défini, indéfini, singulier, pluriel. Cette acception repose sur la distinction saussurienne entre langue et parole : pour devenir des éléments du discours, les noms sont soumis à la nécessité de passer […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/modalite-linguistique/#i_51061

PRÉPOSITION

  • Écrit par 
  • Robert SCTRICK
  •  • 772 mots

On appelle « préposition » une des parties du discours, invariable et toujours liée à un syntagme qu'elle régit et précède immédiatement (c'est le cas le plus général et le terme même de pré-position l'atteste), qu'elle peut suivre (certains lui réservent alors la dénomination de postposition : en allemand, meiner Meinung nach , « d'après moi » ; en latin, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/preposition/#i_51061

Pour citer l’article

Robert SCTRICK, « ADVERBE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/adverbe/