ACADÉMIE DE FRANCE À ROME

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Une difficile reconversion

Réclamée de longue date, la réforme qui s'imposait n'intervint que tardivement, à l'issue du directorat d'ailleurs fort libéral du musicien J. Ibert (1937-1961, avec une interruption sous le régime de Vichy). Il revint à André Malraux, comme en bien d'autres domaines, d'en fixer les orientations. Ce fut tout d'abord, au terme d'un retentissant conflit d'autorité qui opposa le ministre à l'Institut, la nomination au poste de directeur d'un artiste étranger au circuit académique, le peintre Balthus. Par sa formation et sa vaste culture, celui-ci incarnait pleinement la conception que l'on se faisait alors du rôle de l'Académie de France : un lieu où la création, à l'écoute du passé comme du présent, devait être stimulée par des échanges pluridisciplinaires. En ce sens, et bien que dans sa structure l'institution demeurât intacte une dizaine d'années encore, l'influence exercée par Balthus durant son long mandat (1961-1976) s'avéra déterminante pour l'avenir de l'Académie. Le directorat de Balthus restera, en outre, celui de la restauration du palais et des jardins de la Villa Médicis, restauration conduite de bout en bout par le peintre selon des critères esthétiques qui, preuve éminente de leur succès, ont fait école dans Rome.

Après la réforme de l'École des beaux-arts et de l'enseignement de l'architecture (1969), consécutive aux événements de mai 1968, la mutation en profondeur dont Malraux avait tracé la voie ne pouvait être différée. Le grand prix de Rome fut aboli ; l'Académie de France, libérée de la tutelle de l'Institut, ne dépendait plus que du ministère de la Culture. Les décrets des 16 septembre 1970, 21 décembre 1971 et 26 avril 1972 ouvrirent la Villa Médicis aux écrivains, cinéastes, photographes, historiens de l'art et restaurateurs d'objets d'art auxquelles s'ajoutèrent les graphistes, les designers, les scénographes et les arts culinaires, et fixèrent de nouvelles conditions d'admission : à partir des dossiers et des œuvres soumis à leu [...]


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Marius à Minturnes, J. G. Drouais

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La Mort d'Achille, David d'Angers

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Robert FOHR, « ACADÉMIE DE FRANCE À ROME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/academie-de-france-a-rome/