D'origine slovène, né à Anderny (Meurthe-et-Moselle), le 7 juillet 1934, le tromboniste et compositeur Vinko Globokar fait ses premières études musicales à Ljubljana, étudie ensuite au Conservatoire de Paris (trombone et musique de chambre), puis travaille la composition avec René Leibowitz et Luciano Berio. Après quoi, il enseigne (trombone et composition) à Cologne ; il a dirigé, de 1976 à 1980, un département de recherches à l'I.R.C.A.M.
Extraordinaire virtuose de son instrument, il n'en professe pas moins la nécessité pour le virtuose « de dépasser le cap du virtuosisme, et de devenir un musicien considérant son instrument comme un moyen avec lequel on fait de la musique et non pas comme un but en soi ». En conséquence, il est tenté par toute forme musicale qui approche de l'improvisation (celle-ci est le sujet de ses cours) ; il fonde, en 1969, avec le compositeur et pianiste Carlos Roqué Alsina, le percussionniste Jean-Claude Drouet et le clarinettiste Michel Portal, un ensemble, le New Phonic Art, voué aux « libres jeux d'ensemble ».
Instrumentiste, il pousse à bout les possibilités de son instrument (Discours II, pour cinq trombones, 1968) ; il recherche les analogies entre voix et instruments, tant sur le plan de la rythmique que sur celui de la respiration (Fluide, 1967 ; Discours III, pour cinq hautbois, 1969 ; Kolo, 1988, pour chœur mixte, trombone et électronique ; Discours IX, pour deux pianos (1993)).
Les dons d'invention, de fantaisie, le bonheur manifeste qu'éprouve le compositeur à se jouer des sons caractérisent le style de Globokar.
Attentif, l'homme se penche sur le folklore, à la recherche d'un équilibre entre naturel et culturel (Études pour Folklora I et II, 1968). Passionné de la communication, il invente de grandes fêtes, où la recherche de la sonorité se crée dans un vaste jeu collectif (Concerto grosso, 1970 ; Eisenberg, 1990), parfois aléatoire (Les Émigrés, 1990).
« Il me semble que l'engagement musical réside dans les différentes manières de produire la musique davantage que dans son résultat sonore final. On a dit qu'un son ne peut être ni catholique ni communiste. La manière de produire des sons et les conditions dans lesquelles ces sons sont produits ne seraient-elles pas aujourd'hui plus signifiantes ? »
Brigitte MASSIN
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