On appelle aujourd'hui « concerto » une composition de caractère symphonique dans laquelle un instrument soliste dialogue avec l'orchestre. La partie du soliste est en général traitée de telle manière qu'elle permette à l'interprète de mettre en valeur sa virtuosité technique et ses qualités expressives. Les grands concertos romantiques pour le piano, le violon ou le violoncelle sont les chevaux de bataille des solistes internationaux et occupent à ce titre une place importante dans les programmes des concerts. Mais l'histoire du concerto ne se limite pas à une douzaine de chefs-d'œuvre. Ce genre de composition instrumentale a pris, au cours de quatre siècles, des formes si variées qu'il serait vain de vouloir en donner une définition étroite. Néanmoins, à travers elles, il est possible de distinguer un caractère commun : le style concertant, qui est comme l'esprit même du concerto. Et cet esprit-là n'a pas fini d'inspirer les compositeurs.
1. Origine du concerto
Le mot même de concerto semble traduire une ambiguïté fondamentale reposant sur une double étymologie entre les deux versions de laquelle philologues et musicologues ne peuvent se résoudre à trancher. « Concerto » vient-il du latin concertare, qui signifie lutter, ou de conserere, qui veut dire unir ?... En fait, la question importe peu, puisque les deux sens se confondent, tant il est vrai que la contradiction se retrouve au cœur même de la composition musicale qui consiste proprement à opposer pour unir.
Les musiciens ont quelquefois désigné sous le nom de concerto des œuvres assez éloignées de ce que nous entendons aujourd'hui par ce mot. Vers 1580, le Vénitien Giovanni Gabrieli nomme concerto des œuvres vocales avec accompagnement d'orgue ou d'orchestre, et Jean-Sébastien Bach, qui appelait volontiers concerti ses célèbres cantates d'église, n'a-t-il pas donné le titre de Concerto italien à une œuvre pour clavecin seul ?... On pourrait multiplier des exemples de cette nature qui s'expliquent tout simplement par le fait que pendant long […]
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