Première agglomération de la Colombie-Britannique et, derrière Toronto et Montréal, troisième du Canada par sa population (2 116 581 habitants en 2006), Vancouver constitue un cas tout à fait particulier de ce que l'on appelle la « réussite de l'Ouest ». Située dans l'angle sud-ouest de la province, la Région métropolitaine de recensement (R.M.R.) regroupe plus de la moitié (51,3 p. 100 en 2006) des habitants de la province et connaissait jusqu'au début du xxie siècle des taux de croissance largement supérieurs à ceux que l'on observait dans les autres grandes agglomérations canadiennes.
Mais les données statistiques n'expliquent pas tout. Il faut trouver ailleurs les raisons qui font que le seul mot de Vancouver exerce toujours sur les Canadiens une authentique fascination − quoique moindre que lors des dernières décennies du xxe siècle −, possédant une connotation qui rappelle l'image emblématique de la Californie des années 1960.
1. Excellence de la position géographique, bienfaits du site
Au contact des chaînes les plus occidentales du système montagneux cordilléran et de l'océan Pacifique, là où le Fraser s'évase en un vaste delta, Vancouver se trouve par bonheur à l'abri de l'île de Vancouver, dont elle est séparée par le détroit de Georgie. Lorsqu'on sait que cette île, plus vaste et plus haute que la Sardaigne, s'interpose sur la trajectoire des perturbations maritimes, on comprend que le site même de la ville de Vancouver ait correspondu au départ à un véritable havre. Cela étant, il fallait pour compléter le décor un emplacement précis favorable et voici que, au pied des monts Grouse, Hollyburn et Seymour, les deux bras de mer de Burrard Inlet et False Creek déterminèrent ce qui deviendra très tôt le port et la « city ».
Ce décor d'altitude au-dessus de la marina, cet abri des grands vents marins et la présence de bonnes terres alluviales sont complétés par un climat tout à fait remarquable. La particularité de Vancouver est, en effet, d'ignorer la neige et si la quantité […]
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