Sans aucun doute, la première image que l'on a, lorsqu'on évoque le milieu canadien, est celle d'un climat rude : ce pays n'a-t-il pas été comparé à l'empire du froid ? Cependant, la rudesse bien connue des hivers longs aux températures si basses ne saurait faire oublier la légendaire douceur de l'indian summer ni l'agréable tiédeur des confins du Puget Sound. En outre, le relief est loin d'être un élément secondaire, même si c'est à grande échelle qu'il faut l'appréhender.
1. Quatre ensembles du relief bien distincts
À première vue, le relief canadien semble d'une étonnante simplicité ; on en arrive même à imaginer qu'il n'est que le prolongement nordique du triptyque étatsunien associant Appalaches, plaines centrales et montagnes de l'Ouest. La réalité est différente, à deux titres : d'une part, si l'on retrouve bien les trois subdivisions précitées, force est de constater que leur présence au Canada est passablement modifiée ; d'autre part s'ajoute un quatrième élément qui singularise tout à fait le Canada par rapport à son voisin : le bouclier.
À l'ouest, le système cordilléran est beaucoup plus resserré qu'aux États-Unis. Les montagnes Rocheuses, qui, contrairement à ce que l'on entend souvent, ne sont que l'axe des hauts sommets le plus à l'est, surgissent brutalement au-dessus des collines de piedmont (Foothills) et culminent à 3 954 mètres au mont Robson. Formées par une succession d'écailles développées dans des sédiments secondaires alternativement durs et tendres, ces montagnes se prêtent à une morphologie structurale exemplaire autant qu'élémentaire tant la nature et la disposition des couches sont faciles à percevoir dans le paysage : aux alentours du lac Spray, le profil transversal rappelle à s'y méprendre le toit à sheds d'une usine du xixe siècle. Sur 1 700 mètres de hauteur, le millefeuille stratigraphique du mont Robson n'a d'égal que la paroi nord de l'Eiger. Et, à quelques kilomètres de Banff, la pyramide calcaire du mont Assiniboine vaut à ce dernier le surnom de Matterhorn of the Rockies tant on pourra […]
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