Sémiologue de renommée internationale, auteur de nombreux essais sur l'esthétique et les médias, figure tutélaire des lettres italiennes, Umberto Eco est venu tardivement au roman avec Le Nom de la rose, qui connut un succès considérable. Le Moyen Âge, les relations entre cultures « haute » et « basse », la réflexion sur les rapports entre signes et sens ne constituent pas pour autant chez lui des champs distincts. Au contraire, ils convergent dans une même méditation, à la fois érudite et ludique, sur l'homme éternel producteur de fables.
1. Le monde des signes
Né en 1932 à Alessandria (Piémont), Umberto Eco fait ses études supérieures à Turin, où il soutient en 1954 une thèse de fin d'études sur l'esthétique chez saint Thomas d'Aquin, qui sera publiée en 1956 sous le titre Il Problema estetico in San Tommaso. Il travaille d'abord comme assistant à la télévision, de 1955 à 1958 ; à partir de 1956, il collabore aux revues Il Verri et Rivista di estetica. Il réalise ensuite pour la maison d'édition Bompiani une histoire illustrée des inventions, puis, en 1960, devient directeur d'une collection d'essais philosophiques. En 1963, avec de jeunes intellectuels comme Nanni Balestrini et Alberto Arbasino, il participe à la fondation du Groupe 63. La réflexion sur une esthétique nouvelle qui y est conduite se place notamment sous le signe de Joyce, Borges, Gadda – des auteurs qui resteront centraux pour Umberto Eco. De 1966 à 1970, il enseigne successivement à la faculté d'architecture de Florence, à la New York University et à la faculté d'architecture de Milan. Il obtient en 1971 la chaire de sémiotique à la faculté de lettres et de philosophie de l'université de Bologne et, en 1992, devient titulaire de la chaire européenne au Collège de France. Il dirige également l'Institut des disciplines de la communication et est le président de l'International Association for Semiotic Studies.
Ses premières expériences à la télévision italienne ont mis très tôt Umberto Eco en contact avec la communicatio […]
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