Né à Moscou dans une famille de la haute aristocratie, de père universitaire, Troubetzkoy s'intéresse très tôt (dès l'âge de treize ans) à l'ethnographie, puis à la sociologie et à l'histoire : ses premiers articles sont publiés alors qu'il est à peine âgé de quinze ans. Il entre à l'université, où il étudie la grammaire comparée des langues indo-européennes, pensant trouver dans ce domaine une approche scientifique des problèmes linguistiques. Il étudie les langues du Caucase puis, à Leipzig, le sanskrit et l'avestique, et soutient en 1916 une thèse sur le futur en indo-européen. Il enseigne à Moscou puis, après la révolution, à Rostov, à Istanbul, à Sofia, avant de se fixer en 1922 à Vienne, où il enseignera jusqu'en 1938.
N. S. Troubetzkoy s'est surtout consacré à l'étude des faits phoniques dans le langage, et c'est à ce titre qu'il est aujourd'hui universellement connu. Héritier de Saussure (dont il connaît les travaux par l'intermédiaire de Serge Karcevski, qui a étudié dix ans à Genève) et de Baudouin de Courtenay, il travaille à la fois sur l'hypothèse de la distinction langue-parole (Saussure) et sur celle de la distinction entre physiophonétique et psychophonétiq […]
