Pour présenter la synthèse, on s'inspirera plus particulièrement de deux philosophes qui ont fait d'elle un moment essentiel de la pensée : Kant et Hegel. Kant introduit la distinction entre les jugements analytiques, qui élucident et expliquent un concept sans communiquer d'information nouvelle (par exemple : « Tous les corps sont divisibles »), et les jugements synthétiques, qui sont informatifs et associent deux concepts différents (par exemple : « Tous les corps sont pesants »). La synthèse est un acte effectif de l'esprit qui « ajoute » un concept à un autre et doit, pour ce faire, s'autoriser soit de l'expérience (jugement synthétique a posteriori) soit de l'intuition pure et de l'expérience possible (jugement synthétique a priori). Plus profondément, la synthèse est, chez Kant, l'acte fondamental de l'esprit par lequel il unifie le divers ; le concept est précisément cette fonction d'unification. « Tout objet est soumis aux conditions nécessaires de l'unité synthétique du divers de l'intuition dans une expérience possible » (Critique de la raison pure). Si penser, c'est « connaître par des concepts », c'est donc aussi effectuer des synthèses.
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