Chaque neurone du système nerveux entre en contact avec un ou, le plus souvent, avec plusieurs autres neurones ; on appelle synapse chacun des éléments, généralement nombreux, de l'ensemble des contacts ainsi réalisés. Le terme fut forgé en 1897 par un helléniste, à la demande du grand physiologiste anglais Sherrington, pour donner un nom (dont la traduction française pourrait être « agrafe ») à un concept plus qu'à l'image d'une réalité reconnue, car à cette époque plus d'un cytologiste niait l'individualité cellulaire du neurone et croyait à la continuité, non à la contiguïté, des liaisons interneuronales (cf. système nerveux - Le tissu nerveux). En fait, les techniques alors pratiquées ne permettaient pas d'affirmer qu'elles fussent discontinues, et la déconcertante plasticité des activités nerveuses complexes favorisait plutôt la théorie réticulariste.
En étudiant sur le chien décérébré comment se déroulent les réflexes moteurs dépendant de la seule moelle épinière, Sherrington put cependant démontrer que les diverses modalités de leurs manifestations extérieures pouvaient s'expliquer clairement en supposant que chaque synapse de la population des neurones impliqués dans un réflexe donné est le siège de micro-événements, ou « états d'excitation » graduables, qui restent latents jusqu'à ce que, un seuil ayant été atteint – généralement par sommation temporelle ou spatiale –, cette synapse participe à l'émission d'un message nerveux porteur d'information (cf. réflexes, système nerveux). À ces états hypothétiques d'excitation élémentaire il parut bientôt nécessaire à Sherrington d'associer leurs contraires, c'est-à-dire des « états d'inhibition », et d'admettre que le bilan final résultait de l'addition algébrique de ces deux états dans l'ensemble des synapses intéressées.
Cette théorie magistrale des bases de l'activité réflexe, aujourd'hui classique, s'étend au cerveau aussi bien qu'aux ganglions. Cela confère à la synapse et à ses propriétés une importance primordiale po […]
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