4. Les décors néo-gothiques
Le goût pour les éléments gothiques, les costumes et accessoires médiévalisants envahit, à l'époque romantique, les salles de spectacles parisiennes, et notamment la scène de la Comédie-Française à partir de 1825, quand le baron Taylor y fut nommé commissaire royal. Pour le décor des drames romantiques, Taylor fit appel à des artistes férus de Moyen Âge, l'architecte-décorateur Henri Duponchel, le peintre Louis Boulanger.
À la même époque, la mode « moyenâgeuse » touchait également le mobilier et les objets (pendules, vases, etc.), jusqu'aux reliures des livres, ce style alors dénommé « à la cathédrale » dont la duchesse de Berry fut une grande propagatrice. Cette mode perdura sous Louis-Philippe, avec certains meubles pour les palais royaux ou les boiseries et banquettes des salles des Croisades du Musée historique de Versailles, ainsi que le décor du « salon gothique » de la princesse Marie d'Orléans aux Tuileries. Ce salon, connu par deux peintures de Prosper Lafaye (au musée du château de Versailles et au musée des Arts décoratifs à Paris), avec ses tentures, un plafond à caissons dans le style de la Renaissance, et son mobilier gothique, est une création typique d'un historicisme théâtral propre à la période romantique.
Pour caractériser ces décors, ces meubles et ces objets, le terme de néo-gothique convient mieux que celui de troubadour, utilisé à tort et à travers depuis plus d'un siècle.
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