Peintre anglais, contemporain de la grande génération de peintres romantiques français, Bonington exerça sur elle une influence originale et considérable, et contribua plus que personne à l'initier aux formules de la peinture romantique anglaise, mises au point un quart de siècle plus tôt par Constable, Turner et Lawrence. L'essentiel de sa courte et éclatante carrière se déroule à Paris, entre 1818 et 1828, quand la « bataille » romantique a pour cadre les grands Salons de la Restauration. Un peintre français formé en Angleterre, François-Louis-Thomas Francia (1772-1839), lui a auparavant appris, à Calais en 1817, la technique anglaise de l'aquarelle et les recettes éprouvées du paysage pittoresque telles que l'avaient pratiqué Varley, Cotman, Girtin surtout. Muni de cet enseignement, Bonington se rend à Paris l'année suivante, fréquente assidûment le Louvre, entre en 1820 à l'École des beaux-arts, à l'atelier de Gros, où il demeure jusqu'en 1822. Loin de se convertir au néo-classicisme exténué de l'École (c'est l'époque où Gros, chargé par David — exilé — de maintenir la discipline classique, répudie ses propres dons de coloriste), il participe au mouvement actif de rénovation […]
