6. Croissance et remaniement du squelette des animaux
Les modalités de la croissance du squelette sont très variées, bien qu'elles répondent toutes à un impératif commun et spécifique : assurer l'expansion d'une matériau dur et rigide, incapable d'expansion interne.
La forme du squelette, sa structure, la nature de ses tissus ne sont pas indépendantes du processus de croissance ; au contraire, ce dernier conditionne la nature même du squelette et les modalités possibles de son évolution. Autrement dit, la structure du squelette intègre en elle-même son propre processus de croissance. Elle ne peut pas être interprétée seulement en fonction de son rôle physiologique « final » et patent (contention, protection, soutien mécanique, stockage de sels minéraux), mais en fonction aussi des lois géométriques et mécaniques qui président nécessairement à son élaboration.
Dans les étapes zoologiques « primitives » de l'édification squelettique, les processus d'accrétion (dépôts successifs) seront seuls responsables de l'édification du squelette sans qu'aucun phénomène d'érosion ne se manifeste. Un tel processus de croissance ne permet pas la réalisation de n'importe quelle forme, mais il limite assez strictement, pour des raisons géométriques, le nombre de formes possibles. La croissance squelettique se réalise donc le plus souvent selon une loi d'homothétie ; très fréquemment aussi selon une spirale génératrice, plane ou non ; ou encore selon un mode dichotomique ; enfin, par combinaison ou altération de ces processus.
Très généralement, malgré les limitations implicites qui viennent d'être rappelées, le jeu différentiel, dans le temps et dans l'espace, de taux de croissances relatives, variés, mais toujours positifs ou au moins nuls, jamais négatifs, est déjà capable d'édifier des architectures squelettiques remarquablement complexes et souvent d'une belle régularité. Telles sont les modalités de l'édification des spicules de divers protistes et des spongiaires, des polypiers des madrépo […]
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