La République romaine a duré pendant près de cinq siècles, de 509 à 29 avant J.-C. Elle a connu tour à tour la mise en place d'institutions qui ont subsisté jusqu'au principat d'Auguste, la conquête de l'Italie, puis du bassin méditerranéen, enfin les divisions et les guerres civiles qui, affaiblissant progressivement le régime, ont abouti peu avant l'ère chrétienne à sa disparition définitive. Vaste sujet qui a tenté la plume de bien des écrivains et nourri la pensée des philosophes et des hommes politiques aux époques les plus diverses.
Si l'on cherche à définir simplement ce que représentait la République pour les Romains face au régime absolutiste auquel elle succéda, il est évident qu'il faut recourir, fondamentalement, à la notion de liberté. Avec la République, cette liberté est née, elle est morte avec elle. Le mot demande une définition claire. La libertas romaine consiste dans les droits personnels et politiques du citoyen romain, droits qui lui sont garantis par la forme républicaine du gouvernement. Libertas s'oppose à regnum et à servitus. Elle est intimement liée au respect absolu des lois qui, seules, assurent son maintien. Elle doit être égale pour tous. Cette égalité n'empêche pas la République romaine de donner le plus souvent un rang éminent à quelques grandes familles que leur valeur et leur rang mettent à la tête de l'État. Le maintien de la liberté politique est assuré par l'équilibre des pouvoirs. Sénat, magistrats et peuple se partagent les prérogatives et les responsabilités. Au cours du dernier siècle de la République, la politique sera d'inspiration sénatoriale. Quand l'oligarchie gouverne, c'est grâce au prestige, la dignitas, que lui valent soit sa naissance et son rang, soit sa fortune. L'idéal cicéronien, également hostile à l'absolutisme et à la démocratie, situe au centre de l'État le Sénat aristocratique. La lutte des ambitions, au ier siècle avant J.-C., annonce la disparition de la liberté. Mais si grand est le prestige de cette notion et d […]
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