3. Le Watergate et ses conséquences
Mais le stupide épisode du Watergate va causer sa perte. Paranoïaque, il utilise des méthodes électorales peu recommandables et parfaitement inutiles puisque, même avec le Watergate, il écrase, avec 60,7 p. 100 des voix, son adversaire démocrate, George McGovern. Surtout, il veut que le président soit une clé de voûte du système politique qui n'aurait de comptes à rendre à personne. D'où sa tentative de faire entrave à la justice ; elle ne cessera que lorsqu'il sera acculé à la démission.
Le 18 juin 1972, en pleine campagne électorale, les bureaux du Parti démocrate à Washington sont cambriolés. Les responsabilités républicaines sont rapidement établies, mais le président, qui nie, est triomphalement réélu. Peu à peu, cependant, sous les coups de boutoir de la justice et du Sénat, les têtes tombent l'une après l'autre. Finalement, lorsque la Cour suprême exige que soient rendus publics les enregistrements de ses entretiens, Nixon comprend que l'ampleur de ses malversations va être révélée, et il préfère devenir le premier président de l'histoire des États-Unis à démissionner (9 août 1974). Maladroitement gracié par son successeur, Gerald Ford, il évite la condamnation, mais pas le déshonneur.
Il ne cessera de tenter de recomposer son image, abreuvant ses successeurs de conseils, notamment en matière de politique étrangère, écrivant neuf livres où il distille sa vision du monde, d'ailleurs assez plate. L'extraordinaire est que Richard Nixon ait réussi à se parer des traits du sage et de l'expert auquel aurait été confié une sorte de « troisième mandat » permanent d'homme d'État.
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