2. La présidence Nixon
Richard Nixon fut, en un sens, le dernier président rooseveltien. Lors de la campagne électorale, il avait proposé un new federalism : limiter le pouvoir d'intervention de l'administration fédérale et rééquilibrer les relations entre Washington et les autorités subnationales. Mais, lorsqu'il quitte le pouvoir en 1974, la tutelle financière et administrative de Washington est plus contraignante que jamais.
En principe partisan du « moins d'État », il instaure, d'août 1971 à janvier 1973, le blocage puis le contrôle des salaires et des prix. Il met en place une politique (expérimentale) de revenu minimum, et des réglementations pour la protection de l'environnement, l'hygiène et la sécurité des travailleurs et contre la discrimination raciale et sexuelle dans l'emploi.
Monétairement, il est le moins rigoureux des républicains puisqu'il dévalue deux fois le dollar (août et décembre 1971), puis le laisse flotter (mars 1973), mettant fin de fait aux accords de Bretton Woods (1944) qui établissaient les parités des monnaies par rapport à l'or et au dollar, une politique irréfléchie qui ne permettra aucunement de juguler l'inflation (elle atteint 12 p. 100 en 1974) ni de stabiliser le dollar et déréglera le système monétaire international.
Passionné par la politique étrangère, Richard Nixon, qui a su s'entourer d'une remarquable équipe avec, notamment, le conseiller à la sécurité nationale Henry Kissinger, gardera la haute main sur les grandes orientations, même s'il sait fort bien entendre les conseils. Pragmatiste, il prend admirablement en compte les intérêts nationaux et n'ignore aucunement ce qu'est la raison d'État, n'hésitant pas à adopter les mesures qu'il estime indispensables pour parvenir à ses fins, comme le coup d'État contre Sihanouk et l'invasion du Cambodge (mai 1970) ou les bombardements de Hanoi et Haiphong en décembre 1972, alors même que le cessez-le-feu (janvier 1973) est en vue.
Nixon et Kissinger ont toujours cru qu'ils finiraient la guerre d […]
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