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AVEDON RICHARD (1923-2004)

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3.  L'évidence

Avedon ne déroge que très rarement à ce principe. Quand il photographie les patients d'un asile psychiatrique, à Jackson en Louisiane, en mémoire de Louise, sa sœur (« Sa beauté était notre grande affaire, et elle a détruit sa vie »). Quand il rend compte de manifestations des Noirs pour leurs droits civiques dans le Sud (1963), ou encore peu après la chute du Mur de Berlin, dans la nuit du 31 décembre 1989 au 1er janvier 1990. Est-il à ce point convaincu, au-delà de son efficacité, des mérites de son système ? Expositions (à partir de 1962 à la Smithsonian Institution de Washington et jusqu'en 2002 au Met à New York, ou en 2003 à la Fraenkel Gallery de San Francisco) et surtout livres l'illustrent à merveille, dès Observations (1959, texte de Truman Capote, design de Brodovitch) et jusqu'au monumental Evidence 1944-1994 (1994, accompagné d'une exposition itinérante aux États-Unis et en Europe), en passant par Nothing Personal (1964, texte de Baldwin) ou An Autobiography (1993). Le photographe lui-même exprime, à travers quelques textes et interviews, un curieux mélange d'ambition (« Je veux, explique-t-il à son père, faire des portraits aussi intenses que peuvent l'être les gens »), d'assurance et de doutes, ou de questionnements. Il le sait cependant : « Un portrait photographique est une image d'une personne qui sait qu'on la photographie, et les conclusions qu'elle en tire font partie de la photographie, tout autant que ce qu'elle porte ou l'allure qu'elle a. »

Avedon avouera n'avoir jamais été satisfait de ce qu'il faisait (mais, ajoute-t-il : « C'est ça qui me fait travailler »). En 1975, il photographie Robert Frank (né en 1924), auteur du livre-somme Les Américains (1958) et à maints égards son contraire, photographe d'une vie quotidienne et intime, ennemi d'une image parfaite. Et en 1971, le même Avedon a été l'un des premiers, et l'un des seuls, à acquérir, du vivant de son amie Diane Arbus (1923-1971), le portfolio A Box of Ten Photographs, incluant des portraits d'une puissance si différente, à la fois plus dérangeante et plus humaine, que ses propres photographies. Avedon est mort à San Antonio (Texas), alors qu'il préparait pour le New Yorker un projet, laissé inachevé, sur la campagne présidentielle de 2004 : On Democracy.

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Richard Avedon et Diana Vreeland

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