7. L'épanouissement
Le paysage industriel français s'est modifié : des îlots de fabrication se sont implantés en province. Des usines ont été construites, dotées des derniers perfectionnements techniques : machines à coudre qui passent de cinq cents à trois mille points minute, machines à aiguilles courbes pour les coutures invisibles, machines à surpiquer, à coudre les boutons, scies à ruban, chariots plieurs, presses automatiques, etc. La production, en s'automatisant et en s'informatisant (D.A.O., C.A.O.), nécessite une main-d'œuvre plus qualifiée, mais moins nombreuse, d'où le début d'un problème de chômage endémique et l'éternelle question de la formation.
Le réseau de distribution a connu d'importantes mutations au cours des années 1960 : les magasins populaires ont amélioré leur image, les maisons de couture se sont transformées et ont ouvert des boutiques de prêt-à-porter, les couturières sont devenues retoucheuses, tandis que de nouveaux points de vente convenant aux goûts de la jeunesse ont vu le jour (La Gaminerie, Dorothée Bis).
Un million trois cent mille jeunes filles, soit une population dotée d'un fort pouvoir d'achat et de demandes spécifiques, ont contribué à la transformation du secteur. À la fin des années 1960, la France compte des réussites comme Cacharel, Daniel Hechter, Vaskène, Pierre d'Alby, V. de V. ou Chloé, nouvelles marques qui se sont imposées grâce à une mode abordable, sans référence au passé, gaie, colorée et facile à porter. Même la haute couture – à l'exception de Chanel et Balenciaga –, pour ne pas disparaître complètement étant donné l'ampleur du phénomène, s'est dotée de lignes de prêt-à-porter qu'elle fait fabriquer dans ses propres usines, ou en sous-traitance par de gros industriels tels que Mendès. À la fin des années 1960, plus de 80 p. 100 de la population féminine en France s'habille en prêt-à-porter.
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