Édifié à partir du xvie siècle autour de l'abbaye du même nom, entre la Bastille et la place du Trône, le faubourg Saint-Antoine a été, à plusieurs reprises, un lieu d'affrontements et un foyer d'agitation dans la capitale, et cela dès le xviie siècle.
S'il ne prit pas part à la Fronde civile ou parlementaire, il fut, au moment de la Fronde des princes, le théâtre de la bataille des 1er et 2 juillet 1652 qui mit un terme à la prépondérance de la noblesse et assura le triomphe de l'absolutisme royal. L'armée royale, commandée par Turenne, avait réussi à repousser sous les murs de Paris l'armée des princes, commandée par Condé, et s'apprêtait à l'écraser. L'armée des insurgés fut sauvée par la Grande Mademoiselle, qui fit tirer les canons de la Bastille sur l'armée royale.
Certains privilèges concédés par la royauté favorisèrent dans le faubourg Saint-Antoine le développement de l'industrie du meuble, qui y brillait du plus vif éclat à la fin du xviiie siècle. D'autres industries s'y étaient installées, celles de la porcelaine, des papiers peints, des tentures. Ces activités avaient eu pour conséque […]
