La philatélie, ou art de collectionner les timbres, est apparue pratiquement dès le début de l'utilisation des timbres-poste, au milieu du xixe siècle. Et depuis cette époque, qui n'a pas soigneusement gardé les timbres de lettres provenant d'un pays très lointain ? Qui n'a pas entendu parler du 1 franc vermillon ou rêvé de découvrir une collection oubliée dans un vieux grenier ? Les timbres constituent de nos jours le principal objet de collection, bien avant les cartes postales, les pièces de monnaie, les estampes, etc. En France, on dénombre environ 500 000 collectionneurs de timbres. Populaire, mais non vulgaire, la philatélie anime parfois une part de la vie associative locale, mais elle reflète aussi les goûts et idées reçues, elle influence l'économie nationale et sert plus souvent qu'on ne l'imagine de refuge financier.
1. La naissance du timbre-poste
Sans revenir sur l'histoire postale, il faut rappeler que les timbres-poste ont vu le jour en Angleterre en 1840, à l'initiative de Rowland Hill. La taxe postale était, à l'époque, payée par le destinataire selon un barème compliqué proportionné à la distance. Un envoi en « port payé » était considéré comme insultant pour le destinataire que l'on jugeait incapable de payer le port. Rowland Hill proposa que la taxe de base soit abaissée à 1 penny (soit 10 centimes-or), quelle que soit la distance, et que le port soit payé d'avance au moyen de vignettes postales. Deux systèmes furent utilisés au début pour acquitter la taxe postale, les vignettes de Mulready – en réalité des feuilles ou enveloppes timbrées –, qui allaient être rapidement abandonnées, et le timbre mobile gommé, que le monde entier allait adopter. Le premier timbre, de couleur noire, représentait une effigie de profil de la reine Victoria, à l'âge de quinze ans, et ne comportait aucune mention du pays d'origine. De nos jours, la Grande-Bretagne est encore le seul pays au monde à n'être identifié, sur les timbres-poste, que par l'effigie du monarque régnant. En même temps q […]
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