12. L'avenir de la philatélie
La philatélie, comme beaucoup d'activités qui peuvent provoquer une collection d'art, apparaît soumise actuellement à des influences socio-économiques complexes et contradictoires que nous présenterons brièvement.
• De la mort programmée du courrier ?
Le courrier que reçoit un particulier à la fin du xxe siècle n'est affranchi par des timbres que dans la proportion du quart. Le reste est représenté par des affranchissements mécaniques, ou bien des lettres en port « payé » ou en « compte avec la poste » : c'est là l'essentiel du courrier d'entreprise ou du courrier administratif. Quant au courrier privé, il n'est affranchi le plus souvent qu'avec des timbres dits « courants » du genre « Marianne ». Le courrier et, avec lui, la philatélie sont-ils en train de disparaître ? Téléphone, fax, courrier électronique, tout contribue à faire disparaître la lettre « classique » : lettre familiale ou lettre d'affaires, que l'on rédige avec soin, que l'on timbre, que l'on confie à un facteur, et qu'éventuellement on attend avec impatience ou angoisse. Les boîtes aux lettres ne sont-elles pas de plus en plus des réceptacles de publicités où se mêle, parfois, une missive de l'administration fiscale en « affranchissement informatique » ? On peut regretter, comme le font les sociologues, la disparition programmée du lien écrit, réfléchi, signifiant, lettre intime que l'on garde précieusement ou message littéraire destiné à être lu en public ou à circuler dans un cercle d'intimes. Un véritable cérémonial social comportant ses règles, ses coutumes comme le choix du papier ou de l'enveloppe : les amoureux de la Belle Époque utilisaient par exemple des enveloppes décorées dites « valentines » et l'emplacement du timbre répondait à une codification secrète ! Ce moment important de la vie quotidienne est largement évoqué par la littérature, la peinture ou le cinéma.
Le fax, dont la confidentialité est tellement difficile à préserver, et le courrier électronique (e-mail) ne se prêtent ni aux rituels sociaux, ni au respect de l'orthographe, ni surtout à la sauvegarde du message. Et pourtant, le courrier personnel professionnel est toujours indispensable, et sa masse même ne fait qu'augmenter. L'utilisation du timbre, néanmoins, diminue du fait de nouvelles techniques de transport ou d'affranchissement.
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