10. Philatélie et politique
Image de la nation, et aussi du pouvoir politique, le timbre a toujours symbolisé l'État et les idéologies qu'il voulait transmettre et il a pu même servir d'outil de propagande. En France, la IIe République choisit Cérès, double symbole des moissons et de la liberté, mais l'apparition de l'effigie du prince président en 1852 laissait augurer de l'évolution rapide du régime vers l'Empire. La IIIe République, avec le type Sage, choisit avec soin un symbole neutre, « la paix et le commerce régnant sur le monde ». Au début du xxe siècle, l'élégante « Semeuse » de Roty s'opposait sans peine à la « Germania » armée de l'Empire allemand. Ces efforts de propagande n'ont jamais cessé ; on les retrouve surtout à l'heure actuelle dans les timbres qui se font le reflet des grandes campagnes contre la faim, la drogue, l'analphabétisme, etc.
Le marché philatélique est suffisamment important pour que tous les gouvernements se préoccupent d'assurer avec les nouveautés et à très peu de frais des rentrées régulières. D'où le développement des « points philatéliques », des musées postaux (un à Paris et une dizaine en province), des expositions nationales et internationales. À l'autre extrémité de la vie économique et sociale, la philatélie est un moteur puissant de la vie associative par l'intermédiaire d'un millier de sociétés et de clubs philatéliques, dont les deux tiers sont fédérés sur le plan national.
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