Si, dans la plupart des musiques des sociétés primitives et des civilisations extra-européennes, les instruments à percussion ont toujours tenu une place importante, ils ont, au contraire, été longtemps l'objet d'un relatif dédain dans la musique « savante » européenne puis occidentale.
Ce manque d'intérêt pour les instruments à percussion venait d'une attention quasi exclusive apportée aux instruments capables d'émettre des sons dont la hauteur est parfaitement déterminée (sons dits musicaux par opposition aux « bruits ») par des musiciens dont le souci dominant avait été, depuis le xe siècle, d'arriver à la perfection polyphonique plutôt qu'à la perfection mélodique ou rythmique.
Il faut attendre le xviie siècle pour les voir seulement désignés et étudiés dans la théorie musicale, bien que de nombreux compositeurs les aient déjà timidement employés. Marin Mersenne et Pierre Trichet, cependant, dans divers ouvrages consacrés aux instruments de musique, commencent à manifester pour la percussion une curiosité inconnue à leur époque. Au xixe siècle, François Joseph Fétis, avec une naïveté qui ferait sourire nombre de compositeurs modernes, distingue les seuls « instruments sonores » et « instruments bruyants » !
C'est seulement en 1843 que, dans son Grand Traité d'instrumentation et d'orchestration modernes, Hector Berlioz consacre un important chapitre aux instruments à percussion, dont voici le préambule : « Ils sont de deux espèces : la première comprend les instruments à son fixe et musicalement appréciable, et la seconde ceux dont le retentissement moins musical ne peut être rangé que parmi les bruits destinés à des effets spéciaux, ou à la coloration du rythme. Les timbales, les cloches, le glockenspiel, l'harmonica à clavier, les petites cymbales antiques ont des sons fixes. La grosse caisse, la caisse roulante, le tambour, le tambour de basque, les cymbales ordinaires, le tam-tam, le triangle, le pavillon chinois sont dans le cas contraire et ne font que des bruits div […]
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