Se présentant comme une petite boîte rectangulaire, de longueur variable, l'harmonica est formé de la juxtaposition d'un certain nombre de petits canaux contenant chacun deux languettes ou anches libres métalliques dont l'une vibre lorsque l'on souffle, et l'autre lorsque l'on aspire. Les sons obtenus sont d'autant plus aigus que les languettes sont courtes et fines. On joue de l'harmonica en le faisant glisser latéralement, comme pour la flûte de Pan
. Alors que l'harmonica diatonique ne comporte que les notes d'une seule gamme, l'harmonica chromatique formé de deux harmonicas diatoniques superposés, l'un en do, l'autre en do dièse, comporte toutes les notes de la gamme chromatique, permettant ainsi de jouer dans toutes les tonalités. Certains harmonicas, comme les basses et les polyphonias, sont destinés à l'accompagnement. L'harmonica de verres se compose d'une série de coupes que l'on accorde en les emplissant plus ou moins d'eau et que l'on met en vibration en frottant les doigts sur leur bord, ou bien en frappant le verre à l'aide de petits maillets de bois. Ce type d'harmonica fut très en vogue au xviiie siècle : Gluck en joua lui-même, accompagné par un orchestre, et Mozart, séduit par la sonorité éthérée de cet instrument, écrivit un Adagio pour harmonica de verres (K. 356) et un Adagio et Rondo pour harmonica de verres, flûte, hautbois, alto et violoncelle (K. 617). Au répertoire populaire de l'harmonica sont venues s'ajouter, au xxe siècle, les œuvres de R. Vaughan Williams (une romance), H. Villa Lobos (un concerto), D. Milhaud (une suite) et A. Tcherepnine (un concerto). Parmi les virtuoses de l'harmonica, citons Albert Raisner, auteur d'une Méthode générale pour harmonicas diatoniques et chromatiques et d'une Méthode complémentaire pour ensemble d'harmonicas.
Photographie
Larry Adler L'harmoniciste américain Larry Adler (1914-2001).
Crédits: Time Life Pictures/ Getty Consulter
Anne PENESCO
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