La fête d'Athéna Parthénos, célébrée tous les quatre ans à Athènes, aurait été instituée par Thésée après qu'il eut établi le système démocratique avec ses trois classes de citoyens (nobles, artisans, cultivateurs) et qu'il eut réalisé l'unité de l'Attique autour d'Athènes ; elle devint le symbole de l'unité de l'Attique autour de la ville. Elle comportait des concours d'athlétisme, de musique et de chant ; les vainqueurs recevaient les célèbres amphores panathénaïques. La fête était l'occasion de la grande procession qui, de la porte du Dipylon, se déroulait jusqu'à l'Acropole en traversant l'agora. Cette procession associait les différentes classes de la société à l'ensemble des magistrats ; c'était la cité entière qui célébrait ainsi la déesse protectrice de la ville. La procession a inspiré une partie de la décoration du Parthénon, puisqu'elle est le sujet de la frise ionique que Phidias a déroulée autour du temple, en couronnement du mur de la cella.
La sculpture, longue de 159 m, est formée de plaques de marbre de 1,02 m de haut, en faible relief. Ensemble exceptionnel dans l'ordre dorique, elle a été conçue et exécutée en grande partie par Phidias entre ~ 447 et ~ 434. Débutant à l'angle sud-ouest, la procession se divise en deux groupes qui se rejoignent au-dessus de l'entrée est, sous les yeux des douze dieux de l'Olympe. Les préparatifs équestres occupent la face ouest, tandis que la procession se déroule au nord et au sud : cavaliers, chars, sacrificateurs, porteurs d'outres, d'amphores, de rameaux, citoyens athéniens jeunes ou vieux, métèques, magistrats et musiciens, jeunes filles porteuses d'offrandes, vierges athéniennes qui allaient remettre à Athéna le nouveau péplos sacré, devant le prêtre et la prêtresse. Il ne reste sur place que la frise occidentale, les autres bas-reliefs se trouvent au musée de l'Acropole, au British Museum de Londres et au Louvre (plaque des Ergastines, tête de jeune homme « de la Coulonche »).
Alain MAHUZIER
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