À la fois « forme et esprit », l'agora, généralement située à un carrefour important du réseau urbain, matérialise remarquablement la notion de cité grecque. Elle incarne de façon si évidente cette notion que, dans sa Périégèse (X, iv, 1), Pausanias hésite à donner le nom de cité à Panopeus de Phocide car « cette ville ne possède ni bureaux d'administration, ni gymnases, ni théâtre, ni agora, ni fontaine ». Dans ses études sur l'agora et le forum, Roland Martin souligne le parallèlisme étroit existant à l'origine entre ces deux formes tant dans leur fonction que dans leur mode de formation : « La place primitive est un point de rencontre politique, religieux, commercial parfois, et aussi topographique, en liaison étroite avec les grands axes de circulation du groupement, quelle qu'en soit la disposition. »
Mais si l'agora et le forum naissent d'une nécessité commune, ils évoluent séparément selon l'histoire des civilisations auxquelles ils appartiennent, pour de nouveau retrouver des analogies et s'influencer mutuellement à l'époque dite hellénistique — et davantage encore à partir de la conquête romaine dans le bassin oriental de la Méditerranée.
S […]
