4. Une renaissance tardive
Ces conditions particulières ont préservé une part du patrimoine archéologique, mais elles n'ont pas eu que des avantages. Non seulement l'accumulation des constructions impériales a rendu délicate la recherche des traces d'une occupation antérieure, mais une exploration sauvage se développe au début de la Renaissance dont le produit alimente en œuvres d'art antiques les propriétés des grandes familles romaines. Les premières fouilles « scientifiques » sont donc relativement récentes. Entreprises en 1860, à l'instigation de Napoléon III, alors propriétaire des jardins Farnèse, elles sont conduites par l'archéologue italien Pietro Rosa. L'exploration, étendue à l'ensemble du site, pose les principaux jalons de notre connaissance moderne de la colline. À la fin du xixe siècle, Rodolfo Lanciani, Orazio Marucchi ou encore les Français Ferdinand Dutert et Henri Deglane complètent son œuvre, puis, jusqu'au milieu du xxe siècle, Giacomo Boni, Dante Vaglieri, Alfonso Bartoli, Guiseppe Lugli, et Guiseppe Carettoni, pour ne citer que les plus importants, la continuent. Cette archéologie, bien que récente, n'échappe pas à la critique. L'identification successive des monuments, au gré de l'interprétation des textes, provoque la modification en chaîne de l'identité de tout l'environnement proche. La présentation du site a ainsi souvent pris la forme d'une juxtaposition plus ou moins cohérente entre les lieux attachés à la fondation de Rome, des éléments de topographie générale et les constructions impériales.
Des impératifs politiques entraînent entre 1926 et 1929 le dégagement plus que la fouille des Domus Flavia et Augustana. L'aménagement paysager que nous connaissons encore aujourd'hui, la rapidité et l'ampleur des restaurations qui les suivent, ainsi que la faiblesse de la documentation contribuent à façonner une image grandiose et un peu approximative des palais impériaux. C'est celle que véhiculent les représentations plastiques de Paul Bigot (à l'universit […]
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