Comme la plupart des autres grands établissements français à l'étranger, l'École française de Rome (E.F.R.) est une vieille dame à qui les réformes progressives, et particulièrement celles des années 1970-1975, ont permis d'épouser son temps. Née en 1875, par décret du ministre Henri Wallon, trente ans après l'École française d'Athènes, dans un climat de rivalité entre la France et l'Allemagne, elle s'est, dès sa fondation, établie au deuxième étage du palais Farnèse, au-dessus de l'ambassade de France ; le choix de ce siège prestigieux était à lui seul révélateur de la volonté de créer une institution qui fût la vitrine de la science française, face à la toute puissante érudition germanique. Le terme d'école ne doit pas en effet prêter à confusion : s'il évoque de nos jours une activité d'enseignement, il appartient ici au vocabulaire de l'Université du xixe siècle et désigne un institut de recherche.
De fait, l'école n'accueille pas des élèves mais des membres, jeunes savants que leurs travaux historiques ou archéologiques orientent vers l'Italie. L'esprit de ces chercheurs, qui ont su très tôt s'intégrer à la riche communauté scientifique, italienne […]
