Il y a eu en 1975 une « année européenne » du patrimoine. Des manifestations assez modestement conçues et des colloques de caractère officiel à Paris, à La Haye, n'ont causé aucune surprise ni enseigné grand-chose. On pouvait avoir l'impression qu'il s'agissait surtout pour les services du type « Monuments historiques » dans les divers pays de se donner bonne conscience en rappelant l'écart entre les besoins et les moyens. Ces réflexions auraient eu davantage de portée si elles avaient comporté un approfondissement de la notion même de patrimoine et l'analyse des nouvelles implications qui l'ont fait évoluer sur toute la planète et, qu'on en ait conscience ou non, dans tous les esprits. On a cru pouvoir y suppléer par des considérations sur le « futur du passé », mais elles n'ont constitué, malgré l'apparence, qu'une refonte teintée de « prospective » de vieilles préoccupations d'ailleurs toujours valables dans leur ensemble. Une « année nationale » sur le même thème, décrétée en 1980, n'a pas apporté une prise de conscience plus sérieuse, en dépit des réunions et des manifestations de routine. Le ministère de la Culture créa une direction du Patrimoine, regroupant le service de […]
