2. Le Palatin impérial et la formation des palais
Le contexte légendaire explique l'installation d'Auguste à l'angle sud-ouest de la colline plutôt que dans sa maison natale, située ailleurs sur le Palatin. Dès 40 avant J.-C., le futur empereur, qui cherche bientôt à apparaître comme un nouveau fondateur de Rome, fait acheter ou confisque plusieurs domus qu'il transforme tout en préservant l'autonomie de certaines. Ainsi la Maison de Livie et celle de l'orateur Hortensius – où il s'installe – continuent-elles d'être séparées par une rue. L'ampleur des autres acquisitions est inconnue, mais des témoignages archéologiques et littéraires suggèrent que les propriétés familiales s'étendaient du Germal au nord-ouest de la colline. On doit cependant encore parler de domus, même si celle-ci est particulière.
Prenant en effet le contre-pied de l'aristocratie, Auguste insiste sur la modestie de sa demeure, la simplicité de son train de vie – celui d'un simple citoyen – et sur le caractère officiel et sacré de sa résidence qui s'efface derrière les sanctuaires qu'elle accueille. Le temple d'Apollon (28 av. J.-C.), son décor et ses portiques évoquent la nouvelle ère qu'inaugure, sous les auspices du dieu, la victoire sur Antoine à Actium en 31 avant J.-C. ; le sanctuaire de Vesta (12 av. J.-C.) rappelle que le prince est aussi Grand Pontife, qui comme tel occupe une domus publica. Enfin, le Sénat se réunit, d'abord occasionnellement puis régulièrement à la fin du règne, sous les portiques et dans les bibliothèques attenantes au temple d'Apollon. Ces associations monumentales, qui trahissent un évident souci de mise en scène – le temple domine le Circus Maximus –, évoquent discrètement aussi certaines demeures princières hellénistiques antérieures, comme à Pergame. Cultivant volontiers l'ambiguïté, Auguste fait de sa résidence à la fois une domus, une instance politique et religieuse et un « lieu de mémoire », mais pas un palais au sens classique du terme : d'autres monuments (le théâtre de Marcellus ; l'
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