Souvent appelé high tech (de high technology), un courant très particulier de l'architecture contemporaine s'est développé, principalement en Grande-Bretagne, dans les années 1970. Il se distingue par la légèreté inaccoutumée de ses structures, l'élégance, le raffinement parfois un peu affecté de ses procédés constructifs, l'emploi renouvelé du fer, du verre, des réseaux de câbles tendus et par l'utilisation des matériaux les plus récents. Perçu comme un regain d'optimisme et de confiance en la modernité, ce courant tend vers un dépassement de l'architecture moderne internationale, que certains esprits déclaraient exténuée et qui a eu à subir les assauts négateurs du post-modernisme et des tendances historicistes.
Mis à part le Génois Renzo Piano, ses chefs de file représentent une toute petite cohorte de professionnels anglo-saxons de la même génération. Formés ensemble, ils ont souvent travaillé conjointement : Michael Hopkins, Nicholas Grimshaw, Peter Rice, et surtout Richard Rogers (qui construisit à Paris avec Piano le Centre Pompidou, premier édifice high tech et longtemps le seul du genre) et son ancien associé Norman Foster. L'un et l'autre ont achevé en 1986 leur œuvre majeure : pour Rogers le nouveau siège des Lloyd's, au cœur de la City de Londres, pour Foster l'extraordinaire tour de la Hong Kong and Shanghai Bank à Hong Kong. L'un et l'autre eurent l'insigne honneur d'être exposés à la Royal Academy of Arts de Londres, en compagnie de leur aîné James Stirling.
1. Une architecture de la flexibilité
Norman Robert Foster est né en 1935 dans une famille modeste de Manchester. Ce n'est qu'à vingt et un ans, après deux années de service militaire dans la Royal Air Force (qui devaient laisser en lui des traces profondes), qu'il entreprit ses études d'architecture, d'abord dans sa ville natale puis aux États-Unis, à Yale, où enseignaient Paul Rudolph, James Stirling et le critique Vincent Scully, et où il rencontra Richard Rogers.
De retour à Londres en 1963, les deux […]
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