2. Histoire
• Période précolombienne et époque coloniale
À l'arrivée des Européens, le Nicaragua comportait deux grands groupes linguistiques : l'un d'origine nahualt (régions pacifique et centrale), l'autre d'origine macrochibcha (côte atlantique). Les Miskitos, Sumus et Ramas d'aujourd'hui sont les descendants des anciens groupes macrochibchas venus du Mexique. D'autres migrations, toujours en provenance du Mexique, amenèrent vers le xe siècle des éléments du groupe nahualt sur le territoire actuel du Nicaragua. Les premiers, semi-nomades, vivaient principalement de la chasse et de la pêche ; les groupes nahualts étaient surtout des agriculteurs.
Christophe Colomb apparut sur la côte atlantique dès 1502, mais c'est vers 1519 que les conquérants espagnols, dont le plus connu en ce qui concerne le Nicaragua est Gil González Dávila, commencèrent à s'installer sur les plaines fertiles de la région pacifique. Ils fondèrent Granada en 1524 et León en 1525, qui sera la capitale de la colonie espagnole jusqu'à ce que celle-ci passe sous l'autorité du Guatemala en 1570. Pedrarias Dávila fut le premier gouverneur du Nicaragua (1527-1531). Les premiers esclaves noirs furent introduits dans le pays dès 1542.
Quant à la côte atlantique, les premiers Européens qui eurent réellement des contacts avec ses habitants furent les boucaniers français et anglais. Dès le début du xviie siècle, la mer des Antilles constitua le théâtre des rivalités entre l'Espagne, la France et l'Angleterre. La domination espagnole se cantonna dans la région pacifique, tandis que la côte atlantique restait contrôlée par les Anglais à partir de 1655. Ces derniers surent habilement s'attirer la faveur des Miskitos, qui ont toujours farouchement résisté à la colonisation espagnole. Un royaume miskito fut même proclamé en 1687 avec le soutien de la Couronne britannique. Pendant ce temps, d'autres populations noires envoyées par les Anglais s'installaient sur la côte, notamment à Bluefields. De nombreux Noirs s'intégrèrent aux groupes ethniques indiens.
Au début du xixe siècle, des insurrections populaires éclatent à León, Masaya, Granada, Rivas. La côte atlantique, tournée vers le monde anglo-saxon, reste en dehors des luttes menées contre la Couronne espagnole, tout comme elle restera en dehors de la révolution. Cette histoire différenciée entre la région pacifique et la côte atlantique est fondamentale pour comprendre la personnalité actuelle de ces deux parties du pays.
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