3. Le Nicaragua contemporain
• La période somoziste
Placé à la tête de la Garde nationale par les États-Unis, Anastasio « Tacho » Somoza va transformer cette troupe apolitique de supplétifs en véritable milice à son service. Dans le contexte de la crise économique mondiale des années 1930, il est élu président, en 1937, face au président sortant, le libéral Juan Bautista Sacasa. Il instaure un régime d'ordre qui repose sur la Garde nationale et qui résiste à la vague de démocratisation d'après la Seconde Guerre mondiale. Malgré son anticommunisme affiché, Somoza utilise son charisme pour s'allier une grande partie des syndicats et édicter un Code du travail. Cependant, la réalité du pouvoir de Somoza repose sur son emprise personnelle sur l'économie nationale et sur ses liens avec les élites traditionnelles et avec les États-Unis. Le dictateur, sa famille ou ses proches deviennent propriétaires de grands domaines fonciers, d'industries, de banques, parfois par des moyens légaux mais le plus souvent par la corruption, l'intimidation ou la terreur. « Tacho » Somoza sait également s'adjoindre, par des alliances matrimoniales et des liens de clientèle, les grandes familles du pays, en particulier celles du Parti libéral. Il parvient également à conserver le soutien de Washington, ce dont il se servira pour écarter toute opposition.
Somoza instaure ainsi une dynastie familiale. Il demeure au pouvoir de 1937 à 1956 et gouverne soit directement, soit par l'entremise d'hommes de confiance (notamment Víctor Manuel Román y Reyes de 1947 à 1950). À sa mort lui succède son fils Luís jusqu'en 1963, puis René Schick, un proche de la famille (1963-1966), et, enfin, son second fils Anastasio « Tachito » Somoza Debayle, au pouvoir de 1967 à 1979 − avec une interruption uniquement formelle de 1972 à 1974, durant laquelle s'installe une junte militaire contrôlée par « Tachito ». Tous ces dirigeants gouvernent en s'appuyant sur le contrôle de la Garde nationale et en manipulant régulièrement […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 13 pages…



