En Europe, l'étude de la musique de l'Inde est longtemps restée le monopole des érudits, qui seuls pouvaient avoir accès aux traités en langue sanskrite ; cependant, pour la plupart, ils ignoraient la musique vivante du continent indien.
Avec d'une part l'avènement de l'enregistrement sonore, avec d'autre part la venue de virtuoses indiens dans les salles de concert de l'Occident, on assiste depuis quelques décennies à une réelle diffusion de la musique indienne de tradition savante ; mais on doit parallèlement déplorer une méconnaissance quasi absolue des musiques villageoises, tribales ou citadines, qui demeurent profondément liées à la vie quotidienne de centaines de millions d'Indiens.
1. L'histoire
Pour la tradition indienne, l'origine de la musique doit être cherchée au paradis des dieux : les dieux ont révélé l'art musical à des sages mythiques parmi lesquels le fameux Narada ; les sages, à leur tour, ont communiqué aux humains les rudiments de ce qui allait devenir la musique indienne.
Les sources littéraires les plus anciennes, et notamment les grandes épopées du Mahābhārata et du Rāmāyaṇa, aussi bien que les documents iconographiques, manifestent clairement la place tenue par la musique dans la culture indienne.
• Les Veda
L'opinion la plus courante veut que la lecture et la psalmodie des textes saints appelés Veda aient servi de modèles aux autres musiques. Les données de la religion védique, apportée en Inde par les envahisseurs aryens, ont été regroupées, bien avant l'ère chrétienne, dans plusieurs recueils : le Ṛg Veda, ou Veda des strophes ; le Yajur Veda, ou Veda des formules sacrificielles ; le Sāma Veda, ou Veda des mélodies, manuel destiné aux chantres, dans lequel une notation sommaire aidait à la mémorisation ; à ces trois recueils s'ajoutèrent plus tardivement les textes de l'Atharva Veda, ou Veda des formules magiques.
Au cours des grands sacrifices publics, les hymnes contenus dans ces recueils étaient solennellement proclamés selon des règles précises, qui concernaient la du […]
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