Irakien né à Mossoul d'une mère kurde et d'un père syriaque orthodoxe, Mounir (ou Munir) Bachir a été surnommé l'« émir du oud ». Au côté de son père, Abdel-Aziz Bachir, luthiste et chanteur réputé, il se familiarise avec les diverses facettes de la tradition irakienne, où se mêlent influences syriaques, byzantines, kurdes, persanes et turques. À l'Institut de musique de Bagdad, il apprend, avec le maître Cherif Muhieddin Targan, tous les secrets du oud (ou ‘ūd, littéralement : « bois »), luth arabe au manche court, à la caisse de résonance bombée et aux incrustations de marqueterie.
Diplômé à seize ans, le brillant Mounir Bachir se lance très vite dans des tournées internationales qui vont le mener à Londres, à Paris et à Vienne. Au côté du compositeur hongrois Zoltán Kodály, il prépare un doctorat en musicologie. C'est à Budapest, dont son épouse est originaire, qu'il mourra d'une crise cardiaque, le 29 septembre 1997.
Pendant une vingtaine d'années, Mounir Bachir sera, à divers postes, responsable de la politique musicale de son pays, ce qui lui vaudra d'autant plus de critiques qu'il avait des positions assez tranchées. Très tôt, il part en guerre contre […]
