5. Musiques « régionales »
Parallèlement aux musiques savantes qui, en raison de leurs subtilités, restaient réservées à une élite socio-culturelle, les musiques que les théoriciens qualifiaient de deśī (régionales) ont conservé une place prépondérante dans les villes et les villages. L'immensité du pays, jointe à la diversité des langues et des conditions géographiques ou économiques, contraste avec la rareté des informations publiées qui doivent être glanées au hasard de publications consacrées aux littératures orales ou d'enregistrements fragmentaires.
Faute d'une documentation systématique suffisante, toute généralisation concernant ces musiques demeure aujourd'hui impossible ; on peut seulement souligner la prédominance des musiques vocales, sous forme de monodies ou de monodies accompagnées ; les formes polyphoniques se limitent le plus souvent à des « tuilages » ou à la présence d'un bourdon vocal ou instrumental ; seules les tribus frontalières du nord de l'Assam semblent pratiquer une polyphonie plus élaborée.
Dans ces conditions, il paraît plus raisonnable de se borner ici à proposer une nomenclature rapide des différents types de répertoires qui constituent le patrimoine musical du peuple indien.
• Répertoire des non-spécialistes
Les chants de travail sont exécutés par toutes les couches de la population : chants pour moudre le grain ou aller au puits qui accompagnent les travaux féminins, chants des chameliers du Rājasthān, des bateliers du Bengale ou des pêcheurs du Kerala, chants des conducteurs de bœufs ou d'éléphants, sans oublier les chants de cueillette ou de repiquage du riz.
Une place à part doit être faite aux chants saisonniers : chants de printemps (phāgu) ou chants de la saison des pluies, parmi lesquels les « chants des douze mois » (barahmāsa) sont un genre très apprécié.
Les différentes cérémonies qui marquent les étapes du cycle de vie dans la tradition hindouiste comportent des chants spécifiques : chants pour la naissance, pour l'attribution du nom, chants de mariage surtout.
Les fêtes et les pèlerinages sont autant d'occasions privilégiées pour manifester un attachement sentimental à l'égard de telle ou telle divinité ; cette dévotion s'exprime dans les bhajan et les kirtan particulièrement répandus au Bengale.
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