3. Les styles et les écoles
À partir du xviie siècle, les systèmes musicaux du Nord et du Sud, tout en se réclamant d'une commune origine, ont poursuivi des évolutions parallèles : le Sud est resté, croit-on, plus fidèle au modèle ancien, tandis que le Nord, plus ouvert aux influences extérieures, a vu fleurir une profusion de styles différents.
Pour la musique vocale de l'Inde du Nord, on retiendra l'existence de trois styles principaux : dhrupad, khyāl, thumri.
– Le dhrupad, considéré comme le plus classique, exige une grande maîtrise du souffle et se caractérise par un usage modéré des ornements ; il s'appuie sur quatre éléments fixes : un poème en langue braj, un rāga déterminé, un tāla fixe, un caractère émotionnel fixe.
– Le khyāl, sous ses deux formes, « grande » et « petite », demeure fidèle à la pureté des rāga mais accorde une place de choix à l'ornementation.
– Le thumri, qui admet une certaine liberté à l'égard des lois du rāga et attache plus d'importance au texte du chant, connaît une grande faveur auprès du public indien.
Préserver ces différents styles dans leur pureté, tel est le but que se sont assigné les différentes écoles, ou gharana, dont les plus célèbres font remonter leur origine à ce que certains considèrent comme l'âge d'or de la musique indienne : l'époque d'Akbar.
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