Mohammed Dib a traversé toute l'histoire de la littérature algérienne de langue française, et il y occupe une place particulière et éminente. Il appartient d'abord au courant réaliste de la première génération d'auteurs maghrébins, qui veut témoigner contre la situation coloniale. Mais son œuvre évolue vite et donne une place plus large aux jeux de l'imaginaire, avant d'aboutir, dans les années 1980 et 1990, à une écriture méditative et souvent onirique, centrée sur l'exil et la quête du sens.
Né à Tlemcen, vieille ville de l'ouest de l'Algérie, passé par l'école normale d'Oran, Mohammed Dib est instituteur pendant la Seconde Guerre mondiale. Puis il devient comptable. Un moment interprète auprès des armées alliées à Alger, il est enfin employé comme dessinateur dans une fabrique de tapis. Il côtoie Kateb Yacine à Alger républicain, où il est journaliste en 1950-1951. Il a déjà commencé à écrire des poèmes et des textes brefs, et prépare la rédaction d'une trilogie romanesque où se révélerait le destin réel de l'Algérie. Le premier volume, La Grande Maison, paraît en 1952 ; le deuxième, L'Incendie, dont le titre semble prémonitoire, sort en 1954, […]
