Né à Genève, Michel Simon fait montre dès l'enfance, et malgré une éducation qui se voulait rigoureuse, d'une liberté d'esprit, d'un individualisme, d'un sens aigu de l'observation, d'un amour de la vie qui ne se démentiront jamais. À seize ans, il décide de quitter Genève pour Paris sans bien savoir ce qu'il y fera. Comme il le dira lui-même, il s'en « remit au destin » ; destin qui le conduit dans le monde interlope de la Porte Saint-Martin, où il vit de petits métiers – un jour acrobate, le lendemain camelot – apprend le culte de l'amitié et approfondit « par l'expérience sa connaissance en genre humain ». En 1914, la guerre le contraint à revenir à Genève et à servir son pays. Il sera le plus indiscipliné des soldats, sera puni de maints et maints jours de prison, jusqu'à tomber malade et se retrouver au sanatorium de Leysin. Mais, entre-temps, il a vu en 1915 Georges Pitoëff jouer (ce sont ses débuts en langue française) dans l'Hedda Gabler d'Ibsen, et il a trouvé sa vocation. Après la guerre, Michel Simon rejoint les Pitoëff et fait en 1920 ses débuts d'acteur : trois répliques de Mesure pour mesure de Shakespeare. Pour vivre il se fait, avec un certain talent, photographe. En 1922, il suit la troupe Pitoëff à Paris, à la Comédie des Champs-Élysées. L'année suivante, il devient acteur de Boulevard, puis rencontre Charles Dullin ; il joue dans sa compagnie une pièce de Marcel Achard, Je ne vous aime pas (1926), avec Valentine Tessier. En 1927, il est engagé par Louis Jouvet qui dirige alors la Comédie des Champs-Élysées et, deux ans plus tard, en avril 1929, il s'impose, face à Louis Jouvet, dans le rôle de Cloclo du Jean de la Lune de Marcel Achard. Il va alors de succès en succès et interprète avec le même bonheur Shakespeare et George Bernard Shaw, Pirandello, Bourdet et Bernstein.
Parallèlement, il entame une carrière au cinéma : il joue dans Feu Mathias Pascal de Marcel L'Herbier (1925), La Vocation d'André Carrel de Jean Choux (1925), La Passion de Jeanne d'Arc de Dreyer (1927-1928), Tir […]
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