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SIMON MICHEL (1895-1975)

L'Atalante, de Jean Vigo, 1934, affiche

Né à Genève, Michel Simon fait montre dès l'enfance, et malgré une éducation qui se voulait rigoureuse, d'une liberté d'esprit, d'un individualisme, d'un sens aigu de l'observation, d'un amour de la vie qui ne se démentiront jamais. À seize ans, il décide de quitter Genève pour Paris sans bien savoir ce qu'il y fera. Comme il le dira lui-même, il s'en « remit au destin » ; destin qui le conduit dans le monde interlope de la Porte Saint-Martin, où il vit de petits métiers – un jour acrobate, le lendemain camelot – apprend le culte de l'amitié et approfondit « par l'expérience sa connaissance en genre humain ». En 1914, la guerre le contraint à revenir à Genève et à servir son pays. Il sera le plus indiscipliné des soldats, sera puni de maints et maints jours de prison, jusqu'à tomber malade et se retrouver au sanatorium de Leysin. Mais, entre-temps, il a vu en 1915 Georges Pitoëff jouer (ce sont ses débuts en langue française) dans l'Hedda Gabler d'Ibsen, et il a trouvé sa vocation. Après la guerre, Michel Simon rejoint les Pitoëff et fait en 1920 ses débuts d'acteur : trois répliques de Mesure pour mesure de Shakespeare. Pour vivre il se fait, avec un certain talent, photographe. En 1922, il suit la troupe Pitoëff à Paris, à la Comédie des Champs-Élysées. L'année suivante, il devient acteur de Boulevard, puis rencontre Charles Dullin ; il joue dans sa compagnie une pièce de Marcel Achard, Je ne vous aime pas (1926), avec Valentine Tessier. En 1927, il est engagé par Louis Jouvet qui dirige alors la Comédie des Champs-Élysées et, deux ans plus tard, en avril 1929, il s'impose, face à Louis Jouvet, dans le rôle de Cloclo du Jean de la Lune de Marcel Achard. Il va alors de succès en succès et interprète avec le même bonheur Shakespeare et George Bernard Shaw, Pirandello, Bourdet et Bernstein.

Parallèlement, il entame une carrière au cinéma : il joue dans Feu Mathias Pascal de Marcel L'Herbier (1925), La Vocation d'André Carrel de Jean Choux (1925), La Passion de Jeanne d'Arc de Dreyer (1927-1928), Tir […]

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« SIMON MICHEL (1895-1975) » est également traité dans :

L'ATALANTE, film de Jean Vigo

Écrit par :  Michel MARIE

Dans le chapitre "Un cinéma lyrique"  : …  une rare authenticité, de même que les rapports troubles entre le père Jules et la jeune mariée. *Le père Jules, c'est Michel Simon, déjà célèbre à l'époque, qui a collaboré avec Renoir pour La Chienne (1931) et Boudu sauvé des eaux (1932), mais dont la rencontre avec Jean Vigo se révèle providentielle. Il compose en effet un… Lire la suite
L'ATALANTE (J. Vigo)

Écrit par :  Joël MAGNY

  *D'abord remonté par les producteurs et affublé d'une rengaine à la mode, « Le Chaland qui passe », qui lui donne provisoirement son titre, L'Atalante de Jean Vigo (1905-1934) n'est pas seulement le sommet de l'œuvre trop rare et trop fugace du « Rimbaud du cinéma », comme on l'a surnommé. Le film marque sinon la… Lire la suite

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