6. Le calligraphe
Si, en peinture, Mi n'a finalement fait figure que d'amateur détaché, en calligraphie, en revanche, sa position éminente a été conquise à force d'un labeur de tous les instants et repose sur une production énorme, dont subsistent aujourd'hui encore quelques superbes échantillons. Des quatre grands calligraphes de l'époque – les trois autres étant Su Dongpo, Huang Tingjian et Cai Xiang –, Mi est le plus brillant. La calligraphie lui a manifestement fourni le mode d'expression le mieux approprié à son génie, aussi y a-t-il dévoué le meilleur de son attention. Sa formation calligraphique fut de nature éclectique ; ses œuvres les plus accomplies relèvent d'une demi-cursive (xing shu) influencée à l'origine par Wang Xizhi et Wang Xianzhi, mais transformée par l'exubérance de son tempérament ; il réussit à égaler le naturel et la vivacité changeante des deux Wang, mais, emporté par les foucades de son ego, il exhibe un certain penchant à la démesure qui est aux antipodes de la retenue poétique de ses prédécesseurs.
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