Il y a deux images de Barrès : celle, qu'a laissée Jacques-Émile Blanche, d'un grand jeune homme pâle, au teint olivâtre, à la lèvre dédaigneuse, à l'allure de dandy, cravate blanche et fleur à la boutonnière ; celle du grand écrivain patriote, enveloppé dans les plis du drapeau tricolore devant une foule de soldats casqués, avec la cathédrale de Strasbourg à l'arrière-plan – c'est la vignette populaire des dernières années de sa vie. Entre ces deux images, une destinée singulièrement plus complexe et une œuvre infiniment plus riche que ne l'imaginent ceux qui condamnent Barrès sans l'avoir lu. Et sans doute n'est-ce pas un hasard si Barrès a exercé une influence sur des hommes aussi divers que Drieu la Rochelle, François Mauriac, Henry de Montherlant, André Malraux, Louis Aragon ou Jean-Marie Domenach. C'est sûrement une erreur de confondre le nationalisme barrésien avec le nationalisme maurrassien : Barrès, en effet, a toujours considéré qu'il n'était pas possible d'être intégralement nationaliste sans assumer toute l'histoire de France, y compris la Révolution, l'Empire et le xixe siècle.
Né en 1862 […]
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Bibliographie
M. Barrès, Œuvres complètes, P. Barrès éd., 20 vol., Club de l'honnête homme, Paris, 1965-1968
Mes Cahiers. Textes choisis, Plon, Paris, 1963
« Colloque de Nancy à l'occasion du centenaire de Barrès », université de Nancy, in Ann. de l'Est, no 24, 1963
Le Culte du moi, 3 vol., Le Temps singulier, Paris, 1980.
Études
P. de Boisdeffre, Barrès parmi nous, Plon, 1961
M. Davanture, La Jeunesse de Maurice Barrès, Champion, 1975
J.-M. Domenach, Barrès par lui-même, Seuil, 1954
Z. Sternhell, Maurice Barrès et le nationalisme français, Armand Colin, 1972, rééd. Bruxelles, 1985
A. Thibaudet, La Vie de Maurice Barrès, Gallimard, 1921.
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