Retraduction datant des premières années du xixe siècle du mot anglais egotismpar lequel Addison a traduit le mot français « égoïsme », mais qui n'a pas forcément le sens péjoratif que lui prête encore le Rivarol de 1827 d'« habitude blâmable de parler de soi ». Correspondant en anglais à la nécessité d'introduire les pronoms personnels je et moi, ce terme caractérise le genre autobiographique à tendance introspective.
Mot essentiel de la terminologie stendhalienne : les Souvenirs d'égotisme, écrits du consulat de Civitavecchia pour se désennuyer en s'examinant à fond et en apprenant à se connaître, consacrent ce culte du moi, un moi créateur de ses propres valeurs, profondément lié à la vérité de l'instant, conscient aussi de la fiction d'être soi, qui amène à multiplier les masques. L'écriture se confond alors avec la vie : le « journal » recomposé de Stendhal en témoigne, où l'on voit l'écrivain annoter et chiffrer ses pensées en marge de ses manuscrits, de ses propres livres ou de ses lectures favorites (Tite-Live, Lesage, Saint-Simon...). Il faut attendre les générations fin de siècle pour retrouver la […]
