Auteur dramatique, romancier et essayiste, Martin Walser est né à Wasserburg, sur le lac de Constance. Après avoir été mobilisé en 1944, il entreprend, dès 1946, des études de littérature, de philosophie et d'histoire à Ratisbonne puis à Tübingen. De 1951 à 1957, il travaille comme metteur en scène et auteur dramatique à la radio et à la télévision. Puis il s'établit près de son village natal pour se consacrer essentiellement à son œuvre. Martin Walser a obtenu plusieurs prix littéraires allemands, notamment celui du Groupe 47 (auquel il adhéra en 1953) et le prix Herman Hesse.
L'œuvre de Walser, qui sut très tôt affronter la crise des valeurs et des institutions de l'Allemagne d'après guerre, aura tiré parti de l'effondrement des idéologies pour interroger la situation paradoxale de l'homme dans les sociétés libérales contemporaines : être à la fois libre et totalement dépendant. Depuis Ehen in Philippsburg, 1957 (Mariages à Philippsburg) et Halbzeit, 1960 (Mi-Temps), Walser fait dériver la destinée de ses héros dans le monde de l'argent et de la performance économique et sociale ; monde où chacun, vivant sous le regard de l'autre, se perd sous les masques dont il s'affuble. Tel est le cas de ces Lügengeschichten (Histoires pour mentir), titre d'un recueil de nouvelles paru en 1965, où des relations aberrantes affectent des êtres à l'identité incertaine. Le mensonge est encore le thème de Eiche und Angora, 1962 (Chêne et lapins angoras), la pièce la plus célèbre de Walser (elle fut représentée en 1968 au T.N.P.), qui oppose aux malheurs d'un paysan toujours en retard d'un régime les habiletés de ceux qui savent changer d'uniforme. Aloïs, interné comme « rouge » sous Hitler, puis rééduqué, et qui s'obstine à répéter dans l'Allemagne du miracle économique les vérités nazies qui lui furent inculquées au camp, paiera d'un internement (psychiatrique cette fois) le prix de sa sincérité intempestive. Une autre pièce, Ein Kinderspiel, 1970 (Un jeu d'enfants), mettra en scène les tentatives de récupération cul […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



