L'écrivain Siegfried Lenz est né en 1926 en Masurie, région de Prusse-Orientale qui allait devenir polonaise à la fin de la guerre. Dans un recueil d'essais paru en 1970, Convergences (Beziehungen), Siegfried Lenz définit le rôle de l'écrivain dans la société contemporaine. À ses yeux, l'engagement de l'écrivain est d'abord celui d'un moraliste et débouche souvent, mais non impérativement, sur un engagement politique.
Si Siegfried Lenz doit sa notoriété à ses romans, il serait injuste de passer sous silence son œuvre théâtrale et surtout sa première pièce, représentée en 1961 : Le Temps des innocents (Zeit der Schuldlosen). Cette pièce, où l'on sent l'influence de Morts sans sépulture de Sartre et des Justes de Camus, pose le problème de la résistance, mais plus encore celui de la responsabilité individuelle et collective.
La nouvelle n'a jamais été considérée dans la littérature allemande comme un genre mineur, et Siegfried Lenz occupe dans ce domaine une place de choix. Que la vie était douce à Suleyken (So zärtlich war Suleyken, 1955) est dans la lignée des Gens de Seldwyla de Gottfri […]
