Le terme « croissance » désigne l'augmentation du volume de la production de biens et de services d'une année sur l'autre. Les chroniqueurs économiques parlent ainsi d'accélération ou de ralentissement de la croissance pour caractériser une année particulière. Toutefois, les économistes préfèrent réserver le terme de croissance à une augmentation tendancielle de la production par tête, qui entraîne sur une longue période une multiplication du volume de biens et de services disponibles en moyenne pour un habitant d'un pays. La croissance décrit ainsi un phénomène plus restreint que le processus de développement, lequel intègre généralement, au-delà du revenu par tête, l'espérance de vie et le niveau d'éducation. Sur la base de l'histoire des pays dits développés, la croissance apparaît comme la condition sine qua non du développement.
Après avoir connu un régime stationnaire avant la révolution industrielle de la fin du xviiie siècle, la production par tête des pays développés a été multipliée par plus de 15, en moyenne, en moins de deux siècles. Derrière cette croissance prodigieuse du revenu moyen se cachent des inégalités entre individus, voire la pauvreté. Toutefois, le niveau de vie de la grande majorité des habitants de ces pays est sans conteste largement supérieur à celui de leurs ascendants. Cette croissance recouvre aussi des disparités temporelles. Ainsi, la croissance de l'après-Seconde Guerre mondiale, la période dite des Trente Glorieuses, fait figure d'exception : elle a été marquée, en France par exemple, par des taux de croissance anormalement élevés, de l'ordre de 4 p. 100 par an, alors que d'autres sous-périodes se caractérisent par des taux moyens annuels proches de 1,5 p. 100 dans ce même pays. D'autres pays n'ont pu profiter de cette longue période de croissance et sont encore en voie de développement. Ils connaissent des taux de croissance faibles, voire négatifs, qui ne sont pas sans rappeler les taux qui caractérisaient les pays développés avant la r […]
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