À l'inverse des journées révolutionnaires du 10 août 1792 ou du 2 juin 1793, le peuple n'eut aucune part dans la journée du 9 thermidor qui vit la chute de Robespierre. On a pu dire que le 9-Thermidor correspondait à un simple changement de majorité parlementaire.
Robespierre a succombé en effet devant une coalition hétéroclite qui comprenait d'anciens représentants en mission rappelés en raison de leurs excès par le Comité de salut public (Fouché, Tallien, Barras), des députés du centre (Boissy d'Anglas), des membres du Comité de salut public (Carnot, Billaud-Varenne, Collot d'Herbois), du Comité de sûreté générale (agacé par la création au Comité de salut public d'un bureau de police concurrent dominé par Robespierre) et du Comité des finances (Cambon), d'anciens dantonistes enfin (Legendre). La nausée de l'échafaud, à la suite de la loi du 22 prairial qui aggrave la Terreur, la crainte de voir Robespierre établir une dictature à son profit, la peur de certains conventionnels plus ou moins corrompus ont joué un rôle dans la formation de cette coalition. Robespierre en a permis la formation en s'abstenant pendant plusieurs semaines de paraître à la Convention et au Comité […]
